mercredi, mai 18, 2005

Justice ou arrogance

On prétend connaître la liberté. On prétend comprendre le Bien de l’homme. On prétend détenir l’outil du jugement - la justice absolue.

Le Bien est pourtant inconnu, nul homme ni cité n’ont jamais atteint l’absolu de l’existence.

Comment peut on affirmer, par nos propres vérités, subjectives et faussées, la présence ou pas du bien ou du mal.

Peut on affirmer que la mutation qu’a subi la perception du Bien à travers l’histoire et les peuples est un développement, par le simple fait que c’est un avancement temporel ? Ou bien même que la liberté, telle qu’elle est interprétée à présent, est plus imposante que naguère ? Peut on être prétentieux à un tel point qu’on pourra juger un peuple inférieur car il ne partage pas notre vision de la justice ou du Bien ? Cela serai l’essence de l’injustice – l’irraisonnable.

Observons donc les religions monothéistes qui se proclament supérieures et plus « justes » que leurs antécédents. Entre sacrifice humain, despotisme divin et absence de plaisir et de chaire, comment peut on affirmer lequel est le Bien et lequel est un « sacrilège », et selon quelle échelle ? Toute notion humaine est relative, rien n’est Vrai.

L’homme est il donc voué à la liberté telle qu’elle est définie actuellement par une tranche humaine qui se prône détenteur du Savoir et des normes ; la liberté d’exercer notre ignorance et nos imperfections, la liberté simplifiée [à l’usage d’une masse consommatrice] ?

Juger est un acte de réduction, il faut procéder par abstraction.

Juger une société est une chose qui entraîne de grandes répercutions, c’est un acte de forte complexité. Juger un acte est de loin plus intangible.

L’homme ne peut être le juge de l’homme, car lui même devra être réciproquement jugé pour son jugement, et ainsi de suite - la subjectivité du jugement est inévitable.

Dieu est la réification du besoin humain d’un juge ultime, c’est son inexistence qui l’a créé. Les normes et les droits, humains et universels, ne sont qu’une expression d’un homme, instable et dénonciateur, de ces imperfections innées.

Diogène, jadis, cherchait un homme.