lundi, novembre 06, 2006

Islam et politique


Ce qui a survécu de l’identité arabe est une image, juste une image, ou bien deux. La première d’un dictateur aux cheveux teintés d’un noir artificiel qui s’éclate en slogans dans une court de justice, ou d’injustice (tout dépend de notre position morale). La seconde, celle d’un héritier qui cherche inutilement à consoler un principe de Pan-Arabism depuis longtemps abandonné avec celui de préserver un pouvoir sur ce qu’il appellera - en termes de ses théories - une province.

C’est dans la mort qu’ils trouveront la seule renaissance. Une renaissance illusoire, et peut être même inutile. La mort transforme toute personne en martyre potentiel.

Cette image prête à la pitié, pour une idéologie qui, comme ces deux défenseurs, est depuis longtemps matte. Le dernier scintillement était depuis déjà 40 ans. Depuis 39 ans l’opacité occupait déjà les esprits.

Une image disparaît et une autre prend sa place.

Même les principes néo-marxistes de l’idéologie de Nasser, ou même du Baa’th, n’ont pas réussi à engendrer une conscience de classes. Ils ont donc échoué à faire le minimum des nécessités d’une révolution.

Il est hélas trop tard pour corriger les erreurs de ce discours, et il est hélas le tour d’un autre, plus complexe, qui se dégage d’une identité religieuse.

Il n’existe pas nécessairement une dichotomie entre la conscience de classe et la religiosité. Bien sur Marx pourra contredire ce constat. Mais néanmoins, il faudra trouver une condition nécessaire pour défendre tel constatation, et ceci se trouve dans la place qu’occupe la religiosité dans la représentation du moi politique dans un certain discours. C’est ici que l’Islam est dans la nécessité de reproduire son identité politique d’une façon qui puisse reformuler le principe de la multitude en termes politiques et non religieux.

Le modèle Libanais ici est un cas d’importance, bien que loin de l’importance normalement attribuée à ce modèle. L’islamisme libanais qui se dévoile dans le discours du Hezbollah est le candidat adéquat pour démontrer la possibilité de joindre un discours religieux avec une conscience politique qui adopte la multitude dans la sphère politique – et c’est la diversité de la société libanaise qui la condition de possibilité d’une telle transformation. En d’autres termes, démontrer la possibilité de joindre religiosité et conscience de classe. Le succès d’un tel modèle signifie en partie que l’Islam politique peut réussir à s’évader de la domination du regard de l’autre, et peut en termes simplistes, se séculariser, ou bien pour être plus précis, se politiser.

1 Comments:

At 7:15 PM, Blogger elle said...

excuse moi, mais je dois absolument mettre ce texte sur mon blog. je suis sure que tu comprendra.

 

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